Il vide le paquet entier avec la cuillère. Ca bout avec deux petites allumettes. Il serre le garrot. Shoote. Se rate une fois. Enchainé. Juste un petit temps mort quand il s'est loupé. Et le dealeur, immobile, tend une pauvre main pour avoir son blé.


Ailleurs, les humains ont la prière. Ici, c'est les cafés aux billards pourries, les chiottes déglinguées qui puent la pisse et les rêves qui s'barrent avec les rats.

Tue, tue, casse les voiliers, leur odeur de voyages rêvés et les beaux jours. Casse l'espoir. Tue, dit le mec dans sa résidence secondaire, en chaussures de cuir vernies.
Je veux du blé. Je veux le blé de la misère. Je veux tout le blé de la terre. Je veux toute ma vie boire le café sur la terasse face à la mer avec un beau costard différent pour chaque heure du jour et de la nuit. Je m'en fous que tu tues, came sorcière.Je veux le blé de la jeunesse et du désespoir. Gros chiffre d'affaires. Je rends service, je débarasse des nazes. Un petit voyage, juste un petit voyage. Et c'est fini la vie. Ils ne baiseront plus nos filles. Ils n' écriront plus la nuit. Ils ne rêveront plus jamais. Ils crèveront. Ils rentreront dans le troupeau des errants. Ceux qui n'ont plus de dents à vingt ans.



Mon poto, ma petite nana, touche pas à ce truc-là. T'inquiètes pas. Aucun grand secret magique derrière tout ça. Que de la merde. De la souffrance. D'agonie en agonie. De mensonges en mensonges. Ta vie fout le camp sur le dos.
Poto, petite nana. Ecoute pas les séducteurs, c'est du pipeau.
Ca me fait froid dans le dos, de savoir que tu pourrais y croire. Si tu touches à ça, cette poudre de malheur, t'auras toujours des crottes dans le nez, et de la merde dans le fond du pantalon.
T'auras plus, ni père, ni mère. Tu les voleras. Tu les ruineras. La poudre prendra possession de toi. Tu seras fourbe, délateur, embobineur. En sueur. Toi et ta putain de douleur.
Balance le matos. Change de trottoir.

Voir ton meilleur ami mourir dans tes bras et te dire : C'est trop con. C'est trop con. Barre-toi. Quitte-la. Tu vois, j'ai tout niqué. Je regrette. Rend moi service. Laisse moi crever. Tire-toi.
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Il vide le paquet entier avec la cuillère. Ca bout avec deux petites allumettes. Il serre le garrot. Shoote. Se rate une fois. Enchainé. Juste un petit temps mort quand il s'est loupé. Et le dealeur, immobile, tend une pauvre main pour avoir son blé.
# Posté le jeudi 06 novembre 2008 12:06
Modifié le jeudi 06 novembre 2008 16:57

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Y'a des gens qui prendraient ce que tu crois qu'il te reste comme espoir, pour toute une vie.
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# Posté le mercredi 13 août 2008 10:57

Je me souviens de tes yeux clairs, de ta peau dorée. De ton sourire quand nos yeux brillaient. Tu avais 20 ans quand la rue a commencé à te bouffer au hasard de jugements de passants pressés.


Quelques fringues, un carton. Avec une faute d'orthographe. Et ton putin de sourire.
Tu marchais au hasard du vent. On se retrouvait au hasard du temps. Tu souriais au hasard de tes sentiments. Un an passé que j'attend de te retrouver. Toi et ton foutu accent libanais. Je t'imagine marcher au hasard du vent. J'ai rêvé que l'on se retrouvait au hasard du temps. Et que tu souriais au hasard de tes sentiments. Je pense à toi. Il y a du soleil. Tu aimes ça le soleil. Tu avais 23 ans, quand la rue t'a bouffé au hasard du manque d'argent. Ce soir, j'entend encore ta voix qui résonne. Ce soir, j'attend encore que le téléphone sonne.



# Posté le vendredi 11 avril 2008 12:56
Modifié le dimanche 13 avril 2008 17:42

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Je suis de ceux qui ont la foi. Qui disent " tout va bien ", quand rien ne va.
# Posté le jeudi 13 mars 2008 19:35

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Je suis excessive.
Et fatiguée.
Fatiguée d'aimer dans l'excès.

# Posté le mardi 05 février 2008 12:34